En quoi le logiciel libre répond-il à la philosophie des professionnels de l’information ?
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L’intégration du logiciel libre dans les bibliothèques n’est pas encore un phénomène très répandu, mais la tendance gagne de plus en plus d’adeptes au fil des années. Au-delà de ses avantages techniques et pratiques, ce type de logiciel présente des concordances intéressantes avec la philosophie même des bibliothèques. En voici quelques-unes : - Les 5 lois énoncées par Ranganathan, un bibliothécaire indien, présentent une ressemblance indéniable avec celles du logiciel libre :
| Shiyali Ramamrita Ranganathan (1931) | Richard Stallman (1984) |
| 1. Les livres sont faits pour être lus. | 1. Exploiter un programme pour en faire n’importe quel usage. |
| 2. À chaque lecteur son livre. | 2. Étudier son code source et le modifier afin de le rendre conforme à nos besoins |
| 3. À chaque livre son lecteur. | 3. Redistribuer des copies du produit obtenu. |
| 4. Épargnons le temps du lecteur. | 4. Améliorer le programme et publier nos modifications pour en faire bénéficier toute la communauté. |
| 5. Une bibliothèque est un organisme en constante évolution. | --- |
- Les bibliothèques encouragent la liberté intellectuelle et le libre accès aux ressources documentaires. C’est d’ailleurs par la diffusion gratuite de leurs documents qu’elles connaissent la consécration, au même titre que les logiciels libres. Les deux mouvements entretiennent le partage gratuit du savoir pour l’enrichir et le faire progresser.
- Pour préserver leur place et leur crédibilité dans le secteur de l’information et du savoir, les bibliothécaires doivent disposer des compétences nécessaires pour exploiter les technologies actuelles (incluant les logiciels libres). Sinon, ils se feront rapidement dominer par leur environnement informatique.
- Les bibliothèques ne sont pas en compétition les unes avec les autres. Par conséquent, un projet de SIGB libre développé par un établissement peut facilement être partagé avec d’autres. Les plus grands bénéficiaires de cette complémentarité seront les lecteurs, qui auront accès à des services plus variés grâce à ce partage des coûts.
- Le premier devoir d’un bibliothécaire est de respecter le droit à la propriété intellectuelle. Souvent, le prix élevé des licences reliées aux logiciels propriétaires entraîne la tentation de les pirater, particulièrement dans des établissements comme les bibliothèques où les postes de travail sont nombreux. Avec les logiciels libres, les professionnels de l’information peuvent facilement respecter leur engagement concernant le droit d’auteur.
- En terminant, précisons qu’il n’est pas nécessaire de convertir l’ensemble du réseau informatique d’une bibliothèque aux technologies libres. Des combinaisons avec les logiciels propriétaires sont possibles et même souhaitables pour faciliter la transition des utilisateurs vers ce nouveau monde parfois difficile à apprivoiser.
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Date de mise à jour : mardi 12 mai 2009
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